Crèche qui se passe et sa Chronique dans Alternatives Economiques “Qui va garder les bébés”

at by Anonymous

Position du collectif par deux de ses parents fondateurs.

Jonathan Duong et Elise Aubry

Alternatives Economiques n° 318 – novembre 2012

http://www.alternatives-economiques.fr/qui-va-garder-les-bebes_fr_art_1172_61119.html

A l’origine, un constat simple : celui que nous, jeunes ou futurs parents, galérons durant des mois, voire des années, pour dénicher un mode de garde pour nos enfants… Mode de garde que parfois nous cherchons encore. Ce constat, partagé par les neuf foyers sur dix qui ne trouvent pas de place en crèche publique, révèle que les pouvoirs publics français n’accompagnent pas suffisamment les femmes dans leur émancipation économique, un processus qui est loin d’être achevé.

Plus de la moitié des enfants de moins de 3 ans sont en effet gardés par l’un de leurs parents, le plus souvent la mère, ainsi contrainte de renoncer à travailler ou à chercher du travail. Avec des conséquences particulièrement pénalisantes : les femmes qui interrompent leur activité occupent très majoritairement des emplois mal rémunérés. Souvent peu qualifiées, elles éprouvent ensuite fréquemment des difficultés à retrouver un poste. A ces inégalités sociales s’ajoutent de nombreuses inégalités territoriales, avec des politiques d’accueil de la petite enfance très différentes selon les communes.

Or, les alternatives privées à la crèche, comme la garde à domicile ou même les assistantes maternelles, sont chères. Et le développement d’alternatives non lucratives, comme les crèches associatives ou coopératives, se heurte à un manque de financements publics. Ne pas investir dans l’accueil de la petite enfance revient à laisser les inégalités se creuser dans ce domaine. Ce secteur pourrait pourtant être fortement créateur d’emplois. Et l’éveil des tout-petits représente une mission d’intérêt général. Il s’agit donc d’un droit à la fois pour les parents et pour les enfants.